
Warren Buffett a bâti une fortune colossale avec une idée simple : acheter de bonnes entreprises et les garder très longtemps. Le buy and hold est devenu la stratégie de référence pour des millions d’investisseurs. Et pour cause — elle a de vrais mérites.
Pourtant, après des années à investir, je ne pratique plus le buy and hold pur. Voici pourquoi — et ce que j’ai trouvé de mieux.
Ce qu’est vraiment le buy and hold
Le buy and hold consiste à acheter des titres — actions, ETF — et à les conserver plusieurs années sans chercher à timer le marché. On n’essaie pas de vendre au plus haut ni de racheter au plus bas. On investit, on attend, on réinvestit les dividendes.
C’est la stratégie qu’enseignent la plupart des livres de finance personnelle, et celle que recommandent les conseillers en gestion de patrimoine pour les profils « prudents ». Elle est simple à comprendre, facile à exécuter, et ne demande quasiment aucun temps.
Les vrais avantages du buy and hold
Des frais réduits au minimum. Chaque transaction a un coût. En ne vendant jamais (ou rarement), vous évitez les frais de courtage qui s’accumulent. Sur 20 ans, c’est significatif.
L’avantage fiscal du PEA. En France, le PEA récompense précisément ceux qui ne vendent pas avant 5 ans : zéro impôt sur les plus-values (hors prélèvements sociaux). Le buy and hold est naturellement adapté à cette enveloppe fiscale.
L’élimination des erreurs émotionnelles. La plupart des investisseurs qui cherchent à timer le marché vendent trop tôt lors des hausses et trop tard lors des baisses. Le buy and hold impose une discipline mécanique : rester investi quoi qu’il arrive. C’est souvent plus efficace que de tenter de faire mieux.
La capitalisation à long terme. Sur 20 ou 30 ans, les marchés actions ont historiquement toujours fini par remonter. Un ETF monde acheté en 2000, gardé jusqu’en 2024, a multiplié le capital par 4 ou 5 malgré deux crises majeures.
Les limites que personne ne mentionne
Les drawdowns sont violents. En 2008, un portefeuille actions a perdu 50 %. Il a fallu 5 à 6 ans pour retrouver le niveau d’avant-crise. En 2000-2003, les investisseurs en actions tech ont attendu 15 ans pour revoir leurs niveaux d’entrée. Rester investi « quoi qu’il arrive » est psychologiquement très difficile.
Le biais de survivance. Warren Buffett a sélectionné des entreprises exceptionnelles sur 60 ans. Les exemples qu’il cite sont, par définition, ceux qui ont réussi. Pour chaque Coca-Cola ou Apple, des centaines d’entreprises achetées et gardées longtemps ont fait faillite ou sous-performé durablement.
La sélection des titres reste un problème. Un ETF monde en buy and hold, oui — c’est simple et efficace. Mais un portefeuille d’actions individuelles en buy and hold, c’est parier sur la capacité à choisir les bonnes entreprises pour les 10 prochaines années. Peu d’investisseurs particuliers y arrivent.
Ce que le momentum apporte en plus
La stratégie momentum ne remplace pas le buy and hold — elle l’améliore sur deux points précis.
La protection en crise. Le momentum absolu permet de détecter quand les marchés cassent leur tendance haussière et de se repositionner sur des actifs défensifs. En 2008 et en 2020, une stratégie momentum bien calibrée est sortie des actions avant les pires baisses. Le buy and hold pur, lui, a tout subi.
La rotation vers les actifs les plus forts. Le momentum relatif identifie, parmi tous les actifs disponibles, lesquels surperforment actuellement. En ne détenant que les leaders du moment, on capture les grandes tendances — technologie en 2023-2024, énergie en 2022 — sans avoir besoin de les anticiper.
Sur longue période, les études académiques (Jegadeesh & Titman, Antonacci) montrent que le momentum génère un rendement supérieur au buy and hold, avec des drawdowns moins profonds. Ce n’est pas une promesse — c’est une observation statistique sur plus d’un siècle de données.
Comment combiner les deux
Pour la plupart des investisseurs, la meilleure approche n’est pas de choisir entre buy and hold et momentum — c’est de les combiner :
- Une poche buy and hold : un ETF monde ou S&P 500 dans votre PEA, alimenté chaque mois. Vous ne le touchez pas, vous laissez capitaliser.
- Une poche momentum : un portefeuille d’ETF sectoriels ou thématiques, réévalué une fois par mois selon la force relative. Vous êtes investi sur les actifs les plus porteurs du moment, et vous sortez quand le marché se retourne.
Cette approche hybride vous donne la simplicité et l’avantage fiscal du buy and hold, plus la protection et la surperformance potentielle du momentum.
LÉONARD : le momentum en 15 minutes par mois
Appliquer une stratégie momentum demande de calculer la force relative de chaque actif, de comparer, de décider. LÉONARD automatise ce travail : chaque mois, vous recevez les signaux — quoi acheter, quoi conserver, quoi vendre.
15 à 30 minutes par mois. Pas d’analyse fondamentale, pas de suivi quotidien. Juste les bons actifs, au bon moment.
👉 Découvrir LÉONARD — essai gratuit 30 jours
En français. En 20 minutes.
Contexte, thèse d’investissement et risques — sans jargon, sans abonnement.
Questions fréquentes
Le buy and hold fonctionne-t-il vraiment sur le long terme ?
Sur un ETF monde, oui — historiquement, les marchés actions ont toujours fini par rebondir après les crises. La difficulté est psychologique : supporter des baisses de 40-50 % sans vendre demande une discipline que peu d’investisseurs ont réellement. Sur des actions individuelles, le résultat est beaucoup moins garanti.
Buy and hold ou momentum : lequel choisir pour débuter ?
Pour débuter, un ETF monde en buy and hold dans un PEA est la meilleure base. C’est simple, peu coûteux, et efficace sur le long terme. Le momentum vient en complément une fois qu’on est à l’aise avec les bases de l’investissement.
Warren Buffett est-il vraiment un investisseur buy and hold ?
Partiellement. Buffett est surtout un investisseur value exceptionnel qui sélectionne des entreprises avec un avantage concurrentiel durable. Sa durée de détention est longue, mais il vend aussi quand ses thèses d’investissement changent. Son approche n’est pas aussi passive qu’on le dit souvent.
Le momentum peut-il être appliqué dans un PEA ?
Oui. Les ETF éligibles PEA couvrent les principales classes d’actifs nécessaires à une stratégie momentum — actions mondiales, secteurs, obligations synthétiques. On peut donc bénéficier à la fois de l’optimisation fiscale du PEA et de la performance potentielle du momentum.
Combien de temps faut-il consacrer au buy and hold ?
Quasiment rien. C’est l’un de ses grands avantages. Mettre en place des versements automatiques mensuels sur un ETF monde dans un PEA prend une heure au départ, puis 10 minutes par mois pour vérifier que tout tourne. C’est imbattable en termes d’effort investi.
Pour aller plus loin :
- La stratégie des meilleurs chevaux : comment le momentum bat le marché
- Trader moins pour gagner plus — pourquoi le surtrading détruit la performance
- Comment ne pas payer d’impôts sur ses plus-values — PEA et assurance-vie
- Pourquoi je fuis les dividendes
⚠️ Nos contenus sont fournis à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.
Laisser un commentaire