
En octobre 2021, j’ai eu la chance de rencontrer John Bollinger en personne, lors d’une conférence à Paris. L’inventeur de l’indicateur le plus utilisé en analyse technique. Ce que j’ai retenu de cet échange, c’est que les bandes de Bollinger sont souvent mal comprises — et donc mal utilisées.
La plupart des traders regardent si le prix touche la bande haute ou basse. C’est passer à côté de l’essentiel. Ce qui compte, c’est la forme des bandes — et les 4 phases qu’elles décrivent.
Ce que mesurent les bandes de Bollinger
Les bandes de Bollinger mesurent la volatilité d’un titre. Elles se composent de trois éléments :
- Une moyenne mobile centrale (généralement sur 20 périodes)
- Une bande supérieure : moyenne mobile + 2 fois l’écart-type
- Une bande inférieure : moyenne mobile − 2 fois l’écart-type
Quand le marché est calme, les bandes se resserrent. Quand il s’emballe, elles s’écartent. C’est aussi simple que ça. Et c’est précisément cette dynamique — le mouvement des bandes — qui permet d’identifier les 4 phases.
Phase 1 : la consolidation (bandes parallèles)
Les deux bandes sont parallèles et rapprochées. Le titre évolue dans un range étroit, sans direction claire. La volatilité est faible, le marché accumule de l’énergie.
C’est la phase la moins intéressante pour agir — mais la plus importante à repérer, car elle précède souvent une phase 2. Une longue consolidation est souvent le signe qu’une explosion de volatilité se prépare.
Plus la consolidation est longue, plus le mouvement qui suit est souvent puissant.
Phase 2 : l’expansion (bandes qui s’écartent)
Les bandes s’écartent brusquement. Le prix sort du range et part dans une direction avec force. C’est le signal d’entrée en position — à condition de savoir dans quel sens le mouvement part (analyse du contexte, de la tendance de fond).
La phase 2 est la plus profitable. Le titre a de l’élan, la volatilité est forte, les mouvements sont nets. C’est ici que se font la plupart des gains significatifs.
Phase 3 : la tendance (bandes parallèles en mouvement)
Les deux bandes progressent dans la même direction, à peu près au même rythme. Le titre est en tendance forte — haussière ou baissière — avec une volatilité qui se stabilise à un niveau élevé.
C’est la phase idéale pour renforcer sa position. Le mouvement est établi, régulier, lisible. Le prix « marche le long » de la bande supérieure (en tendance haussière) sans en sortir vraiment.
Phase 4 : le resserrement (bandes qui se rapprochent)
Les bandes commencent à se rapprocher à nouveau. La volatilité diminue, le mouvement perd de son souffle. C’est le signal que la tendance s’essouffle.
C’est le moment de commencer à alléger sa position, voire de prendre ses bénéfices. Le titre n’est plus aussi attractif — les acteurs qui sont entrés en phase 2 commencent à sortir. Après la phase 4, on revient généralement à une phase 1, et le cycle recommence.

Les paramètres : 20 périodes, pourquoi ?
Le réglage standard des bandes de Bollinger est une moyenne mobile sur 20 périodes, avec un écart-type multiplié par 2. Ce sont les paramètres que John Bollinger lui-même recommande pour la plupart des usages.
Sur un graphique journalier, 20 périodes représentent environ un mois de trading. C’est un horizon qui correspond à un cycle naturel du marché. Si vous cherchez des mouvements plus longs (tendances de fond), vous pouvez passer à 50 périodes — les phases seront plus lentes, mais plus robustes.
En pratique : commencez avec les paramètres standard. Ne les modifiez que si vous avez une raison précise, pas pour « améliorer » les signaux après coup.
La convergence des phases : un signal plus fort
Une technique avancée consiste à regarder les bandes de Bollinger sur deux horizons de temps différents simultanément — par exemple 20 et 50 périodes sur le même graphique journalier.
Quand les deux paramétrages indiquent la même phase, le signal est renforcé. Si les BB à 20 périodes sont en phase 2 et que les BB à 50 périodes sont aussi en phase 2, vous avez une confluence — un contexte favorable que les deux horizons confirment.
C’est ce type d’approche multicritère que j’utilise dans LÉONARD pour filtrer les meilleures opportunités.
Ce que John Bollinger m’a révélé sur les stops
Lors de notre rencontre en octobre 2021, John Bollinger a partagé quelque chose que peu de gens connaissent : sa propre méthode pour placer un stop.
La formule est simple : plus haut récent − 3 ATR. L’ATR (Average True Range) mesure l’amplitude moyenne des mouvements du titre sur une période donnée. En soustrayant 3 fois cette amplitude au plus haut, on obtient un stop qui s’adapte à la volatilité réelle du titre — ni trop serré pour être emporté par le bruit, ni trop large pour sacrifier trop de capital en cas d’erreur.
J’ai créé un indicateur pour tester cette approche sur mes propres trades. Verdict : ça fonctionne très bien. Mais en la confrontant à d’autres méthodes de stop — la moyenne mobile à 200 périodes, la MM50, la Tenkan de l’Ichimoku — j’ai découvert quelque chose d’intéressant : le stop optimal n’est pas le même pour tous les actifs. Sur certains titres, la MM200 est plus efficace. Sur d’autres, c’est la Tenkan. Sur d’autres encore, c’est bien la méthode Bollinger.
Le meilleur stop n’existe pas. Il existe le meilleur stop pour cet actif, à cet instant.
Comment savoir lequel utiliser ? C’est exactement la question à laquelle j’ai essayé de répondre — et j’y ai consacré un article complet, avec des exemples concrets sur plusieurs types d’actifs : Comment placer son stop en bourse : la méthode Bollinger, la MM200 et les alternatives →
Les bandes de Bollinger dans LÉONARD
Les bandes de Bollinger font partie des indicateurs intégrés dans LÉONARD, ma méthode d’investissement. Elles servent notamment à évaluer la phase de marché d’un titre avant d’entrer en position — pour s’assurer qu’on n’entre pas en phase 4 quand le mouvement est déjà terminé.
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Questions fréquentes
Les bandes de Bollinger fonctionnent-elles sur toutes les classes d’actifs ?
Oui — actions, ETF, crypto, forex, matières premières. L’indicateur mesure la volatilité relative d’un cours, quelle que soit la classe d’actif. Les paramètres peuvent nécessiter un ajustement selon la volatilité habituelle du marché concerné.
Peut-on utiliser les bandes de Bollinger seules pour trader ?
Techniquement oui, mais ce n’est pas recommandé. Les BB sont un excellent outil de contexte — elles indiquent dans quelle phase on se trouve — mais elles ne disent pas dans quelle direction le prix va partir. Combinez-les avec une analyse de tendance de fond et d’autres filtres.
Que signifie un « squeeze » des bandes de Bollinger ?
Un squeeze correspond à une phase 1 très prononcée : les bandes se resserrent au maximum, la volatilité atteint un point bas extrême. C’est souvent le précurseur d’un mouvement violent — une phase 2 explosive. Le squeeze en lui-même ne dit pas dans quel sens le mouvement partira.
Quelle différence entre les bandes de Bollinger et les moyennes mobiles classiques ?
Une moyenne mobile indique la tendance (direction). Les bandes de Bollinger ajoutent une dimension supplémentaire : la volatilité (amplitude). Elles contiennent une moyenne mobile (la bande centrale), mais leur valeur ajoutée vient des bandes haute et basse qui mesurent l’écart-type du cours.
Comment John Bollinger recommande-t-il d’utiliser son indicateur ?
Dans son livre Bollinger on Bollinger Bands, il insiste sur un point : les bandes ne sont pas des niveaux de support/résistance. Le prix peut « marcher le long » d’une bande pendant longtemps en tendance forte. Il recommande de les utiliser pour évaluer la volatilité relative — pas pour décider mécaniquement d’acheter ou vendre quand le prix touche une bande.
Pour aller plus loin
- Comment trader sans indicateurs
- La règle des pourcentages en bourse
- Faire travailler son argent en bourse
⚠️ Nos contenus sont fournis à titre informatif et éducatif uniquement. Ils ne constituent pas un conseil en investissement. Tout investissement comporte des risques, y compris la perte du capital investi. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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