Macron a plombé l’économie avec le « quoi qu’il VOUS en coûte ». Voici comment profiter de son remake version défense.

On connaît tous le refrain : le « quoi qu’il en coûte » (comprenez : quoi qu’il VOUS en coûte — lui ne paiera ni la dette ni le sang) du Covid, des centaines de milliards dépensés, une dette publique qui a explosé, et une facture que le pays traîne encore aujourd’hui.

Sauf qu’à l’occasion de son dernier discours aux Armées avant de quitter l’Élysée, Macron vient d’en remettre une couche — version militaire cette fois. « La paix est notre but, nous chérissons la liberté et le droit, et oui, nous nous tenons prêts à nous battre pour les défendre, au prix du sang s’il le faut. » (ma lecture : « au prix de votre sang » — le sien ne sera pas versé)

Traduction en langage budgétaire : 36 milliards d’euros supplémentaires prévus entre 2026 et 2030, un effort de défense français qui atteint 57 milliards en 2026, et un plan « ReArm Europe » qui vise 800 milliards d’euros à l’échelle de l’UE d’ici 2030.

Que vous trouviez ce réarmement nécessaire ou que vous y voyiez une nouvelle démonstration de dépense publique décomplexée après le fiasco budgétaire du Covid, une chose est certaine : cet argent va bel et bien être dépensé. Et comme pour le « quoi qu’il en coûte » version 1, il y a des gagnants identifiables sur les marchés — sauf que cette fois, ce n’est pas la santé ou le chômage partiel qui absorbe les milliards, ce sont des entreprises cotées en bourse.

Ce qui se passe déjà sur les marchés

Ce n’est pas une anticipation, c’est une tendance en cours depuis 2022 avec l’invasion de l’Ukraine, et qui s’est nettement accélérée depuis :

  • Rheinmetall (Allemagne, blindés/munitions) : +152% en 2025, avec un carnet de commandes de 63,8 milliards d’euros fin 2025, et une direction qui vise jusqu’à 135 milliards d’ici fin 2026
  • Leonardo (Italie) : +93% en 2025, +33% sur le seul début 2026
  • Thales (France, électronique de défense) : +69% en 2025, +30% environ sur 2026
  • Dassault Aviation (Rafale) : carnet de commandes de 46,6 milliards d’euros, +30% en 2026

Depuis quelques semaines cependant, le secteur souffle un peu : Rheinmetall a perdu près d’un tiers de sa valeur depuis le début de l’année après l’annulation d’un programme de frégates allemand, et plusieurs analystes notent que le marché entre dans une phase de « sélection » plus que d’euphorie généralisée — tout le secteur ne monte plus mécaniquement, la capacité à transformer les carnets de commandes en revenus réels devient le vrai critère.

La guerre change de profil : drones, IA et demain les robots

L’Ukraine a changé quelque chose de fondamental dans la façon dont les États pensent leur défense. Ce ne sont plus seulement les blindés et les avions de combat qui gagnent des batailles — ce sont des essaims de drones à 500 euros qui neutralisent des chars à 5 millions. Le rapport coût/destruction s’est inversé, et les budgets militaires s’ajustent en conséquence.

Cette mutation profite à un deuxième cercle d’entreprises cotées, moins médiatisé que Dassault ou Rheinmetall :

  • Safran (France, PEA) : optronique embarquée sur drones de reconnaissance, nacelles de ciblage
  • Thales (France, PEA) : systèmes de guerre électronique, guidage, contre-mesures anti-drones
  • Hensoldt (Allemagne, PEA) : capteurs et radars pour drones et systèmes autonomes, pure player discret mais en forte croissance
  • Palantir (États-Unis, compte-titres) : logiciels d’IA pour l’analyse de champ de bataille et la décision militaire autonome — déjà déployé par l’armée américaine et ukrainienne
  • AeroVironment (États-Unis, compte-titres) : drones de reconnaissance et munitions rôdeuses, l’un des fournisseurs directs de l’Ukraine

Et on n’en est qu’au début. Les robots terrestres autonomes — appelons-les ce qu’ils sont : des Terminator en phase bêta — commencent à être testés en conditions réelles. Ghost Robotics (non coté) fournit déjà l’armée américaine. Boston Dynamics, filiale d’Hyundai (coté, compte-titres), travaille sur des versions militarisées. Palantir construit l’intelligence derrière ces systèmes. La prochaine décennie de dépense militaire ne ressemblera pas à la précédente — et les entreprises qui captent ce flux non plus.

Comment s’exposer, concrètement

Actions individuelles éligibles au PEA : Thales, Dassault Aviation, Safran, Airbus, Rheinmetall, Saab, Leonardo. Les valeurs américaines (Lockheed Martin, Northrop Grumman) et britanniques (BAE Systems, depuis le Brexit) nécessitent un compte-titres ordinaire.

Pour une exposition diversifiée sans stock-picking : deux ETF défense sont éligibles au PEA — BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (frais de gestion 0,18%) et Amundi Stoxx Europe Defense (DEFS), plus récent.

Le vrai sujet de fond

Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas de savoir si Macron a raison ou tort sur la nécessité stratégique de ce réarmement — les avis sont légitimement partagés, entre ceux qui jugent la menace suffisamment sérieuse pour justifier l’effort, et ceux qui y voient une fuite en avant budgétaire de plus, sur un pays déjà lourdement endetté.

Le vrai sujet, pour un investisseur, c’est que la décision politique est prise, financée, et déjà en cours d’exécution — peu importe ce qu’on en pense. Et historiquement, quand un État engage ce niveau de dépense sur une décennie, il y a toujours des entreprises qui captent ce flux. Après le « quoi qu’il en coûte » du Covid, ceux qui avaient anticipé les bénéficiaires (santé, tech, logistique) ont fait de très bonnes affaires. La question n’est pas morale, elle est d’allocation de capital : autant que ce soit vous qui en profitiez plutôt que de simplement subir la dette qui va avec.

Un point de vigilance : le secteur a déjà beaucoup monté, les valorisations sont tendues sur certains dossiers (PER du secteur défense américain à 44,8x contre une moyenne de 32x sur 3 ans), et la vraie prudence ici, c’est de ne pas rentrer aveuglément sur un narratif qui a déjà fait l’essentiel du chemin. Comme toujours, ceci n’est pas un conseil en investissement personnalisé — juste un constat sur où va l’argent public, et des pistes à creuser vous-même avant toute décision.


Questions fréquentes

Quelles actions de défense européenne sont éligibles au PEA ?

Thales, Dassault Aviation, Safran, Airbus (cotées en France), Rheinmetall, Saab et Leonardo (cotées dans l’UE) sont éligibles au PEA. Les valeurs américaines comme Lockheed Martin ou Northrop Grumman, et britanniques comme BAE Systems, nécessitent un compte-titres ordinaire depuis le Brexit.

Qu’est-ce que le plan ReArm Europe et quel est son impact boursier ?

ReArm Europe est un programme de réarmement à l’échelle de l’Union européenne visant 800 milliards d’euros d’investissements d’ici 2030. Depuis son annonce, les valeurs de défense européennes ont fortement progressé : Rheinmetall +152%, Leonardo +93%, Thales +69% sur 2025, traduisant une anticipation des marchés sur les commandes à venir.

Existe-t-il des ETF défense éligibles au PEA ?

Oui, deux ETF sont accessibles en PEA : le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (frais de gestion de 0,18%, l’un des moins chers du secteur) et l’Amundi Stoxx Europe Defense (ticker DEFS), plus récent. Ces deux produits offrent une exposition diversifiée au secteur sans avoir à sélectionner des titres individuels.

Le secteur de la défense est-il encore une opportunité après la forte hausse ?

Le secteur a enregistré des performances exceptionnelles depuis 2022, et certaines valorisations sont tendues : le PER moyen du secteur défense américain dépasse 44x contre une moyenne historique de 32x. Le marché est entré dans une phase de sélection où la capacité à convertir les carnets de commandes en chiffre d’affaires réel devient le critère déterminant. Un point d’entrée après correction peut être plus favorable qu’une entrée sur un pic d’euphorie.

Quel est le budget défense de la France en 2026 ?

Le budget défense français atteint 57 milliards d’euros en 2026, avec 36 milliards supplémentaires planifiés entre 2026 et 2030 dans le cadre de la Loi de Programmation Militaire révisée. Cela représente une montée en puissance significative par rapport aux années précédentes, dans le contexte du réarmement européen post-invasion de l’Ukraine.


Vous avez un avis sur ce réarmement européen — nécessaire ou fuite en avant de plus ? Dites-le en commentaire.

Vous savez quoi surveiller. Léonard vous dit quand agir.

5 minutes par mois pour savoir quoi acheter, conserver ou vendre — sans surveiller quoi que ce soit.

30 jours d’essai gratuit — sans engagement, annulable en un clic.

Découvrir Léonard →

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

🏅 Vos badges