Mise à jour du 16 octobre 2026 : le tribunal de commerce de Bordeaux a prononcé la liquidation judiciaire de Tudigo le 12 octobre 2026, après avoir écarté les offres de reprise. Cet article a été entièrement revu pour tenir compte de cette décision.
Si vous avez investi via Tudigo (actions, obligations, ou un projet immobilier participatif), vous avez sans doute suivi le redressement judiciaire ouvert cet été. Il s’est terminé de la pire façon pour la plateforme : une liquidation. Une seule question vous occupe : est-ce que je viens de perdre mon argent ?
La réponse courte : la liquidation de Tudigo ne fait pas disparaître vos investissements. Mais elle pose une question nouvelle, très concrète : qui va désormais gérer les sociétés et les emprunts dans lesquels vous avez investi, et combien cela va vous coûter. Voici ce qui s’est passé, ce qui change pour vous, et ce qu’il faut faire.
Autre plateforme touchée : Fundimmo (novembre 2026)
Plusieurs promoteurs financés via Fundimmo sont en liquidation judiciaire (A.G. Invest / Quai Voltaire, Maremma, D2I, Protis), avec des dates limites au 30 novembre et au 11 décembre 2026. Les projets concernés et ce que les investisseurs doivent vérifier →
Ce qui s’est passé : du redressement à la liquidation
Tudigo, fondée en 2012 sous le nom Bulb in Town, s’était imposée comme l’une des plateformes de référence du financement participatif en France (crowdequity, crowdlending et immobilier). Elle a levé plus de 200 millions d’euros auprès de plusieurs dizaines de milliers d’investisseurs.
- 31 juillet 2026 : date de cessation des paiements retenue par le tribunal.
- 5 août 2026 : le tribunal de commerce de Bordeaux ouvre une procédure de redressement judiciaire. Maître Sylvain Hustaix (étude FHBX) est désigné administrateur judiciaire. Tudigo invoque un retournement du marché du crowdfunding et une crise de gouvernance interne apparue à l’automne 2024.
- 14 septembre 2026 : date limite de dépôt des offres de reprise.
- 30 septembre 2026 : audience d’examen des offres.
- 12 octobre 2026 : le tribunal écarte toutes les offres et prononce la liquidation judiciaire.
Selon Le Brief Patrimonial, l’offre la plus attendue était celle de Blast, le club d’investisseurs d’Anthony Bourbon. Elle proposait 100 000 € et la reprise de cinq salariés et des véhicules d’investissement en actions, sans frais de gestion pour leurs associés. Le tribunal lui aurait opposé les quelque 4,5 millions d’euros de dettes de Tudigo.
Au 14 octobre, le jugement n’était pas encore publié au BODACC, et le nom du liquidateur n’avait pas été communiqué officiellement.
Ce que la liquidation de Tudigo ne change pas
Le point le plus important reste vrai : Tudigo n’est, dans la grande majorité des cas, pas le débiteur de votre investissement.
Si vous avez souscrit des actions, vous êtes associé d’une société ou d’un véhicule d’investissement, pas de Tudigo. Si vous avez souscrit des obligations, vous êtes créancier de l’émetteur, pas de la plateforme.
Tudigo était un intermédiaire. Les sommes collectées ont été versées, dès la clôture de chaque campagne, aux entreprises ou aux projets financés. Comme l’écrit Tudigo elle-même, le sort de votre investissement dépend de la santé de la société financée, pas de celle de la plateforme.
Les sommes déjà remboursées ou distribuées mais pas encore reversées aux investisseurs sont conservées sur un compte ségrégué chez Lemonway, l’établissement de paiement de la plateforme, en dehors des comptes de Tudigo. Elles ne servent pas à payer les dettes de Tudigo. En revanche, leur reversement dépend désormais des organes de la liquidation, ce qui peut prendre du temps.
Ce qui change : qui va gérer vos investissements, et à quel prix ?
C’est le vrai sujet de la liquidation. Tudigo ne se contentait pas de mettre en relation : elle présidait les véhicules d’investissement (les sociétés de type « TUDI HOLDING ») qui regroupent les investisseurs en actions d’un même projet. Selon les sources, entre 160 et 200 véhicules sont concernés. Pour les obligations, elle assurait le suivi des remboursements et le recouvrement en cas d’impayé.
Une plateforme agréée doit prévoir un plan de gestion extinctive pour ce cas. Celui de Tudigo confie la relève à trois prestataires :
- Capsens : gestion technique et communication avec les investisseurs ;
- Covalt : représentation de la masse des obligataires ;
- 1563 : recouvrement, et mandataire social des véhicules en actions.
Ce relais n’est pas gratuit, et ce sont les investisseurs qui paient. Le barème publié par Tudigo, présenté comme indicatif, prévoit notamment :
- par véhicule en actions : 8 400 € TTC par année commencée, plus des commissions sur les sommes collectées et reversées ;
- par emprunt obligataire en cours : environ 12 000 € TTC par an selon Le Brief Patrimonial, et environ 19 200 € TTC par an pour un emprunt en contentieux.
Ces frais doivent être validés par les investisseurs de chaque véhicule ou de chaque emprunt. Sans accord, le plan prévoit de chercher un autre mandataire, et à défaut, le poste peut rester vacant.
Ce que ces frais représentent pour vous
Prenons un véhicule en actions qui regroupe 150 investisseurs. 8 400 € par an répartis entre eux, cela fait 56 € par an et par investisseur. Si vous y avez placé 1 000 €, c’est 5,6 % de votre mise chaque année, avant même de savoir si l’entreprise financée réussira.
Sur un véhicule de 50 investisseurs, la facture monte à 168 € par an chacun. Pour un petit ticket, ces frais peuvent absorber tout le gain espéré. C’est pourquoi les consultations à venir méritent votre attention.
Que faire concrètement ?
Je ne suis pas avocat et je ne connais pas le détail de votre contrat. Voici les démarches qui ressortent des informations publiées sur ce dossier :
- Identifiez ce que vous détenez. Des actions via un véhicule de type TUDI HOLDING, des obligations émises par une entreprise ou un promoteur, ou une somme en attente sur votre compte Tudigo. Votre bulletin de souscription fait foi, pas la communication de la plateforme.
- Ne déclarez une créance que si Tudigo vous doit personnellement une somme (un trop-perçu, un reversement bloqué au moment du jugement). Vos actions et vos obligations ne se déclarent pas au passif de Tudigo : elles portent sur d’autres sociétés.
- Attention au délai. Le délai de déclaration est de deux mois à compter de la publication au BODACC du jugement d’ouverture du redressement. Selon le cabinet d’avocats qui suit le dossier, cette publication date du 16 août 2026, ce qui fixe l’échéance au 16 octobre 2026. La liquidation n’ouvre pas de nouveau délai. Si vous l’avez manqué, une demande de relevé de forclusion reste possible dans les six mois, sous conditions strictes. Vérifiez la date exacte auprès du mandataire judiciaire.
- Surveillez vos emails et votre espace investisseur. Le plan de gestion extinctive prévoit une réunion d’information, puis une consultation écrite sur le nouveau représentant et ses frais. C’est à ce moment que vous pourrez peser sur la décision.
- Conservez toutes les preuves : bulletins de souscription, versements, échéanciers, échanges avec Tudigo.
- Rapprochez-vous des autres investisseurs. Des collectifs d’obligataires et d’actionnaires se sont formés pour coordonner les démarches et négocier les frais.
Redressement ou liquidation judiciaire : quelle différence ?
Les deux termes sont souvent confondus :
- Le redressement judiciaire donne à l’entreprise une chance de continuer, seule ou avec un repreneur, sous la supervision d’un administrateur. C’était la situation de Tudigo du 5 août au 12 octobre 2026.
- La liquidation judiciaire constate que l’entreprise ne peut pas être sauvée. Un liquidateur vend ses actifs pour rembourser ses créanciers, dans la mesure du possible, et l’activité s’arrête.
Pour vous, la différence principale tient à la continuité du service. En redressement, Tudigo continuait à gérer vos véhicules. En liquidation, ce rôle doit être confié à d’autres, ce qui explique la question des frais.
Ce que ça dit du crowdfunding en général
Le crowdfunding et le crowdequity restent des classes d’actifs à part : illiquides, non garanties, et dépendantes à la fois de la santé de l’entreprise financée et de celle de la plateforme. Le cas Tudigo montre que le risque plateforme ne se limite pas à quelques retards : quand l’intermédiaire disparaît, il faut payer quelqu’un d’autre pour faire son travail.
Cela ne disqualifie pas le crowdfunding comme catégorie d’investissement. Mais cela renforce une règle simple : ce type de placement doit rester une fraction limitée d’un patrimoine, jamais son socle. Le socle, ce sont des actifs liquides, sur des marchés régulés et transparents, actions et ETF, suivis avec une méthode, pas au hasard des levées qui font l’actualité.
C’est ce que je fais avec LÉONARD : un classement mensuel de vos lignes, en bourse, sur des marchés où la liquidité n’est jamais une question.
Questions fréquentes
Tudigo est-elle en liquidation judiciaire ?
Oui. Le tribunal de commerce de Bordeaux a prononcé la liquidation judiciaire de Tudigo le 12 octobre 2026, après avoir écarté toutes les offres de reprise. La plateforme était en redressement judiciaire depuis le 5 août 2026.
Vais-je perdre l’argent investi via Tudigo ?
Pas à cause de la liquidation de Tudigo elle-même. Vos actions et vos obligations portent sur les sociétés financées, pas sur la plateforme. Le risque dépend avant tout de la santé de ces sociétés. En revanche, la gestion de vos investissements devra être confiée à d’autres prestataires, dont les frais seront à la charge des investisseurs.
Dois-je déclarer une créance, et avant quand ?
Uniquement si Tudigo vous doit personnellement une somme. Le délai est de deux mois à compter de la publication au BODACC du jugement d’ouverture du redressement, soit le 16 octobre 2026 selon les informations publiées. La liquidation n’ouvre pas de nouveau délai. Passé ce délai, un relevé de forclusion peut être demandé dans les six mois, sous conditions.
Qui va gérer mes investissements après la liquidation de Tudigo ?
Le plan de gestion extinctive de Tudigo prévoit trois prestataires : Capsens pour la gestion technique, Covalt pour la représentation des obligataires et 1563 pour le recouvrement et la présidence des véhicules en actions. Leur nomination et leurs frais doivent être validés par les investisseurs de chaque véhicule ou emprunt.
Combien vont coûter ces frais de gestion ?
Le barème indicatif prévoit 8 400 € TTC par an pour chaque véhicule en actions, et environ 12 000 € TTC par an pour un emprunt obligataire sain, plus des commissions sur les flux. Ces montants sont répartis entre les investisseurs concernés : plus un véhicule compte d’investisseurs, plus la part de chacun est faible.
Que deviennent les sommes en attente sur mon compte Tudigo ?
Les sommes remboursées ou distribuées mais pas encore reversées sont conservées sur un compte ségrégué chez Lemonway, hors des comptes de Tudigo. Elles ne servent pas à payer les dettes de la plateforme, mais leur reversement dépend désormais des organes de la liquidation.
⚠️ Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou financier. La situation de Tudigo évolue au fil de la procédure ; vérifiez les informations les plus récentes auprès du liquidateur, du mandataire judiciaire ou d’un avocat si vous êtes concerné. Le crowdfunding et le crowdequity comportent un risque de perte en capital, pouvant aller jusqu’à la perte totale des sommes investies.
Cet article a été rédigé avec l’assistance d’outils d’intelligence artificielle, sous supervision et relecture de Laurent Vinatier.
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