Comment placer son stop en bourse : la méthode Bollinger et les alternatives

Comment placer son stop en bourse : méthode Bollinger, ATR, MM200 et CCI

La plupart des investisseurs passent des heures à choisir quoi acheter. Ils passent beaucoup moins de temps à décider à quel niveau ils vont sortir si ça se passe mal. C’est souvent là que tout se joue.

Un stop bien placé vous permet de survivre aux erreurs — et en bourse, tout le monde en fait. Un stop mal placé vous sort d’une bonne position au pire moment, ou vous laisse accumuler des pertes que vous n’auriez pas dû avoir.

Dans cet article, je partage plusieurs méthodes concrètes — dont celle que John Bollinger m’a révélée en personne — et surtout une façon simple d’identifier le bon niveau de référence pour votre stop.


Le problème avec la plupart des stops

Beaucoup de traders placent leur stop « au feeling » — un peu en dessous d’un niveau rond, ou à -5% de leur prix d’achat. Le problème : ce stop ne tient pas compte de la réalité du titre. Un titre volatile a des oscillations naturelles bien plus larges qu’un titre défensif. Placer le même stop en pourcentage sur les deux n’a aucun sens.

Le stop idéal répond à une question simple : à quel niveau le marché me dit-il que j’ai tort ? En dessous de ce niveau, la thèse d’investissement est invalidée. Au-dessus, on est encore dans le bruit normal du marché.


La méthode de John Bollinger : plus haut − 3 ATR

Lors d’une conférence à Paris en octobre 2021, John Bollinger — l’inventeur des bandes de Bollinger — a partagé sa propre méthode pour placer un stop. Elle tient en une formule :

Stop = plus haut récent − 3 × ATR

L’ATR (Average True Range) mesure l’amplitude moyenne des variations du titre sur une période donnée — généralement 14 jours. C’est une mesure de volatilité réelle, propre à chaque titre.

En soustrayant 3 ATR au plus haut récent, on obtient un stop qui absorbe le bruit habituel du marché sans se faire emporter. Assez serré pour limiter la perte. Assez large pour ne pas sortir sur une simple respiration du cours.

J’ai testé cette méthode sur plusieurs centaines de trades. Elle fonctionne. Mais elle n’est pas toujours la meilleure — et c’est là que ça devient intéressant.


Les alternatives : MM200, MM50, Tenkan

D’autres niveaux de référence sont couramment utilisés comme stops dynamiques :

  • La MM200 (moyenne mobile sur 200 jours) : le niveau que regardent les grands fonds. Tant que le prix reste au-dessus, la tendance de fond est haussière. C’est un stop de long terme, adapté aux investisseurs qui ne veulent pas sortir sur chaque correction.
  • La MM50 : un horizon intermédiaire, très suivi par les traders swing. Moins de faux signaux que la MM20, moins de lenteur que la MM200.
  • La Tenkan (Ichimoku) : la moyenne des plus haut/plus bas sur 9 périodes. Elle réagit vite aux retournements et fonctionne particulièrement bien sur les marchés asiatiques et les crypto.

Chacune de ces méthodes a ses forces. Et selon le titre, l’une sera nettement plus efficace que les autres. La question est : comment le savoir ?


Trouver le vrai point haut : la théorie de Dow

Avant de placer un stop, encore faut-il identifier correctement le « plus haut récent ». Pas n’importe quel pic sur le graphique — le vrai point haut significatif, celui que le marché reconnaît comme une résistance.

La théorie de Dow donne un cadre simple. Dans une tendance haussière, le marché progresse par une succession de sommets de plus en plus hauts et de creux de plus en plus hauts. Un vrai point haut, c’est un sommet suivi d’un repli, puis d’une tentative de dépassement. Tant que le titre fait des plus hauts et des plus bas croissants, la tendance est intacte.

En pratique : un pic isolé entouré de bougies de bruit n’est pas un vrai point haut au sens de Dow. Un sommet suivi d’une consolidation puis d’un rebond validé, oui.


Confirmer avec le CCI

Le CCI (Commodity Channel Index) est un oscillateur qui mesure l’écart du cours par rapport à sa moyenne sur une période. Il oscille autour de zéro, et dépasse +100 ou −100 dans les situations de sur-extension.

Son rôle ici n’est pas de donner un signal d’achat ou de vente — c’est de confirmer qu’un point haut ou bas est significatif. Un sommet atteint quand le CCI est au-dessus de +100 est un vrai point haut de sur-extension : le marché était en excès à ce moment, et ce niveau a une valeur de référence. À l’inverse, un pic atteint avec un CCI neutre n’est souvent que du bruit.

Combiné avec la structure de Dow, le CCI permet de ne retenir que les points hauts et bas qui ont une vraie signification pour le marché — et donc de placer un stop sur un niveau que les autres acteurs regardent aussi.

Un bon stop n’est pas un niveau que vous avez choisi. C’est un niveau que le marché a lui-même validé.


En pratique : quel stop choisir selon l’actif ?

Il n’y a pas de réponse universelle — et c’est précisément le problème. Ce que j’ai observé en testant ces différentes méthodes :

  • Actions de grandes capitalisations (CAC 40, S&P 500) : la MM200 et la méthode Bollinger/ATR sont souvent les plus efficaces. Ces titres sont suivis par des fonds institutionnels qui regardent ces niveaux.
  • Actions de croissance / mid-caps : la MM50 donne souvent de meilleurs résultats, car la MM200 est trop éloignée et la volatilité est plus forte.
  • Crypto et forex : la Tenkan réagit plus vite et colle mieux à la réalité de ces marchés qui bougent 24h/24.
  • Titres très volatils : la méthode ATR est souvent la plus adaptée, car elle s’ajuste automatiquement à la volatilité réelle.

Ces observations sont des tendances, pas des règles absolues. Le seul moyen de savoir avec certitude ce qui fonctionne le mieux sur un titre donné, c’est de le mesurer.


Comment LÉONARD identifie le meilleur stop pour chaque actif

C’est exactement pour répondre à cette question que j’ai développé une fonctionnalité spécifique dans LÉONARD. Pour chaque titre analysé, LÉONARD compare les différentes méthodes de stop sur l’historique de l’actif et identifie laquelle aurait le mieux protégé le capital tout en laissant courir les gains.

Le résultat : vous entrez sur un titre en sachant déjà quel niveau de stop est le plus adapté à sa dynamique — pas en fonction d’une règle générique, mais en fonction de son comportement réel.

Si ça vous intéresse, découvrez LÉONARD ici.


Questions fréquentes

Faut-il toujours utiliser un stop loss ?

Pour un investisseur long terme sur ETF diversifiés, un stop strict peut faire plus de mal que de bien — les corrections font partie du jeu. Pour un trader ou un investisseur sur des positions individuelles, un stop est indispensable. La question n’est pas « faut-il un stop » mais « quel type de stop est adapté à votre horizon et votre style ».

Qu’est-ce que l’ATR exactement ?

L’Average True Range (ATR) mesure l’amplitude moyenne des mouvements d’un titre sur une période donnée — généralement 14 jours. Il prend en compte les gaps entre séances. Un ATR de 2 € signifie que le titre bouge en moyenne de 2 € par jour. Un stop à 3 ATR absorbera donc environ 3 jours de mouvement « normal » avant de se déclencher.

Le CCI est-il difficile à interpréter ?

Non. Pour l’usage décrit ici, il suffit de retenir deux niveaux : au-dessus de +100, le titre est en sur-extension haussière (vrai point haut potentiel) ; en dessous de −100, il est en sur-extension baissière (vrai point bas potentiel). Pas besoin d’aller plus loin.

Un stop mental (sans ordre en bourse) fonctionne-t-il ?

En théorie oui, en pratique rarement. Quand le cours approche de votre niveau, l’émotion prend le dessus et on hésite, on « donne encore une chance ». Un stop passé en ordre au courtier enlève cette décision des mains de l’émotion.

Peut-on remonter son stop au fil du temps ?

Oui — c’est même recommandé. Un stop suiveur (trailing stop) monte avec le cours pour sécuriser les gains au fur et à mesure. La méthode Bollinger/ATR s’y prête bien : chaque nouveau point haut redéfinit le stop. Vous ne redescendez jamais votre stop — vous le montez uniquement.


Pour aller plus loin


⚠️ Nos contenus sont fournis à titre informatif et éducatif uniquement. Ils ne constituent pas un conseil en investissement. Tout investissement comporte des risques, y compris la perte du capital investi. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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