Comment trouver les bonnes actions et gérer ses positions en bourse

Vous savez lire un graphique. Vous comprenez les tendances, les moyennes mobiles, les supports et les résistances. Mais face à des milliers d’actions disponibles, une question reste entière : par où commencer ?

Ce guide couvre les quatre étapes d’une méthode concrète : utiliser un screener pour filtrer l’univers investissable, construire une watchlist, analyser chaque candidat graphiquement, puis gérer la position — de l’entrée à la sortie — avec un ratio risque/rendement défini à l’avance.

Cet article fait suite à Comprendre les graphiques boursiers : le guide complet. Si vous débutez avec l’analyse technique, commencez par là.

Étape 1 — Le screener : filtrer l’univers investissable

Il existe plusieurs milliers d’actions cotées en Europe et aux États-Unis. Impossible de toutes les analyser. C’est là qu’intervient le screener : un outil qui filtre automatiquement l’univers selon des critères définis, et ne vous présente que les actions qui correspondent à votre méthode.

Un screener momentum se concentre sur la performance relative : quelles actions surperforment leur marché de référence sur les derniers mois ? Ce ne sont pas nécessairement les moins chères ou les plus « fondamentalement solides » — ce sont celles que le marché a déjà choisies.

Les critères typiques d’un screener momentum :

  • Performance sur 3, 6 et 12 mois supérieure à l’indice de référence
  • Prix au-dessus de la moyenne mobile 200 périodes (tendance haussière confirmée)
  • Volume quotidien suffisant (liquidité minimale pour entrer et sortir sans impact)
  • Absence de news négatives majeures récentes (résultats catastrophiques, enquêtes réglementaires…)

Des outils comme TradingView, FinViz (marchés US) ou Boursorama proposent des screeners paramétrables gratuitement. L’objectif n’est pas de trouver LA meilleure action — c’est de réduire l’univers à une liste gérable de candidats sérieux.

Étape 2 — La watchlist : votre liste de surveillance active

Le screener vous donne une liste brute. La watchlist est la liste que vous suivez activement, après avoir vérifié graphiquement chaque candidat.

Une watchlist efficace n’est pas un fourre-tout. Elle contient les actions que vous avez analysées, comprises, et pour lesquelles vous avez identifié :

  • Un niveau d’entrée potentiel (près d’un support, sortie de range, cassure de résistance)
  • Un stop loss prévu
  • Un objectif de cours réaliste

Quand une action de votre watchlist atteint sa zone d’entrée, vous n’avez plus à réfléchir — vous avez déjà fait le travail en amont. La décision est prise à froid, pas dans le feu de l’action.

Les meilleures décisions d’investissement se prennent quand le marché est fermé — pas quand les cours clignotent en rouge ou en vert.

Nombre idéal : entre 10 et 20 actions en watchlist. En dessous, vous manquez d’opportunités. Au-dessus, vous ne pouvez plus suivre sérieusement chaque candidat.

Étape 3 — L’analyse graphique du candidat

Avant d’intégrer une action à votre watchlist, vous l’analysez graphiquement. Voici la checklist en 5 points :

  1. Tendance générale : le prix est-il au-dessus de ses moyennes mobiles 50 et 200 ? La structure est-elle une série de plus hauts et plus bas croissants ?
  2. Zone d’entrée : y a-t-il un niveau technique précis où acheter (rebond sur support, cassure de résistance avec confirmation) ?
  3. Niveau de stop : où placer le stop loss ? Il doit être positionné sous un support clé — le niveau où votre scénario est invalidé.
  4. Objectif de cours : la prochaine résistance significative est-elle suffisamment éloignée pour justifier le risque ?
  5. Rapport risque/rendement : le ratio est-il d’au moins 2,5 pour 1 ? (voir section suivante)

Si l’un de ces cinq points ne tient pas, vous passez à la suivante. Il y a toujours d’autres opportunités.

Étape 4 — Calculer le stop loss et l’objectif de cours

Le stop loss est le niveau de prix auquel vous sortez automatiquement si le marché invalide votre scénario. Ce n’est pas une option — c’est une règle non négociable.

Il se place sous un support technique identifiable : un plus bas récent, une zone de consolidation, un niveau de moyenne mobile. L’idée est simple : si le prix casse ce niveau, votre analyse était fausse et il est inutile de s’entêter.

Le ratio risque/rendement minimum : 2,5 pour 1

L’objectif de cours est généralement fixé à au moins 2,5 fois le risque pris. Ce ratio est non négociable : en dessous, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Exemple concret :

  • Prix d’achat : 100 €
  • Stop loss : 90 € → risque de 10 € par action
  • Objectif minimum : 100 + (10 × 2,5) = 125 €

Si la prochaine résistance est à 112 €, le ratio n’est que de 1,2 pour 1 — insuffisant. Vous attendez une meilleure configuration ou vous passez à une autre action.

Ce ratio est la raison pour laquelle une méthode peut être rentable même avec seulement 40% de trades gagnants : les gains des positions réussies compensent largement les pertes des positions perdantes.

Étape 5 — La taille de position : combien investir ?

Définir combien investir sur chaque trade est aussi important que choisir la bonne action. C’est ce qui détermine si une série de pertes vous sort du jeu ou reste gérable.

La règle : ne risquez jamais plus de 1 à 2% de votre capital total sur une seule position.

Calcul de la taille de position :

  • Capital total : 10 000 €
  • Risque maximum par trade (1%) : 100 €
  • Stop loss : 10 € par action (entre prix d’achat et stop)
  • Nombre d’actions à acheter : 100 ÷ 10 = 10 actions
  • Montant investi : 10 × 100 € = 1 000 € (soit 10% du capital)

Ce calcul s’adapte automatiquement : plus le stop est serré, plus vous pouvez acheter d’actions. Plus il est large, moins vous en achetez. Le risque en euros reste constant.

Ce n’est pas le nombre d’actions que vous achetez qui compte — c’est le montant que vous êtes prêt à perdre si vous avez tort.

Étape 6 — L’art de la sortie : savoir quand vendre

Entrer en bourse n’est que la moitié du travail. Savoir quand sortir est tout aussi important — et souvent plus difficile. Deux erreurs classiques : sortir trop tôt (couper les gains) et sortir trop tard (laisser un gain se transformer en perte).

La solution : un stop de protection dynamique qui suit la hausse du prix sans jamais reculer.

L’ATR : mesurer la volatilité pour calibrer le stop

L’ATR (Average True Range) mesure l’amplitude moyenne des mouvements de prix sur une période donnée. C’est l’indicateur de volatilité de référence pour calibrer les stops de sortie.

  • ATR élevé → marché volatil, les prix bougent beaucoup → stop plus large nécessaire
  • ATR faible → marché calme, les prix bougent peu → stop plus serré possible

Exemple : un ATR de 5 € signifie que le prix fluctue en moyenne de 5 € par jour. Un stop placé à 3 × ATR = 15 € sous le plus haut récent laisse suffisamment de marge pour les fluctuations normales sans se faire sortir à tort.

Le stop de sortie : la formule de John Bollinger

La formule développée à partir des travaux de John Bollinger :

  • Stop de protection (position longue) : dernier plus haut − (3 × ATR)
  • Stop de protection (position courte) : dernier plus bas + (3 × ATR)

Exemple sur une position longue :

  • Dernier plus haut atteint : 100 €
  • ATR : 5 €
  • Stop de protection : 100 − (3 × 5) = 85 €

Ce stop monte avec le prix — il ne redescend jamais. Dès qu’un nouveau plus haut est établi, vous recalculez : nouveau plus haut de 110 € → stop à 110 − 15 = 95 €. Vous verrouillez progressivement vos gains.

Sur quel timeframe l’utiliser ?

Ce stop de sortie fonctionne sur graphiques hebdomadaires pour l’investisseur de moyen-long terme (évite les faux signaux journaliers), et sur graphiques journaliers ou intraday pour le trader actif. Plus le timeframe est élevé, plus le stop est large — et plus les positions peuvent respirer.

La condition de maintien : tant que les deux stops (long et court) restent en dehors du prix actuel, la tendance se confirme et vous maintenez la position. Dès qu’un stop est touché, vous sortez sans délibération.

La méthode complète en 6 étapes

  1. Screener → filtrer les actions en tendance haussière avec forte performance relative
  2. Analyse graphique → vérifier la structure, identifier support/résistance, calculer stop et objectif
  3. Ratio 2,5x minimum → valider que l’opportunité justifie le risque
  4. Taille de position → ne risquer que 1-2% du capital total par trade
  5. Entrée → exécuter à la zone technique identifiée en amont
  6. Stop dynamique ATR → suivre la hausse et sécuriser les gains progressivement

Ces six étapes forment un système complet. Chacune est indissociable des autres : un bon screener sans gestion du risque mène à la ruine. Un stop loss sans ratio risque/rendement suffisant détruit la rentabilité. C’est l’ensemble qui fonctionne.

Questions fréquentes

Quel screener utiliser gratuitement ?

TradingView propose un screener puissant et personnalisable, accessible gratuitement avec des fonctions avancées en version payante. Pour les marchés américains, FinViz est une référence. Pour les actions françaises et européennes, le screener de Boursorama ou Zonebourse offre un bon point de départ.

Combien d’actions mettre en watchlist ?

Entre 10 et 20. En dessous, vous vous privez d’opportunités. Au-dessus, vous ne pouvez plus suivre chaque candidat sérieusement. La watchlist n’est pas un inventaire — c’est une liste d’actions que vous connaissez et que vous êtes prêt à acheter demain matin si les conditions sont réunies.

Peut-on appliquer cette méthode aux ETF ?

Oui, et c’est même souvent plus simple. Les ETF ont des graphiques plus réguliers, une liquidité élevée, et permettent d’investir sur un thème ou un marché entier plutôt que sur une seule entreprise. Le screener, la watchlist, le stop loss et la taille de position s’appliquent à l’identique.

Que faire si le stop est touché dès le lendemain de l’achat ?

Vous sortez, sans hésitation et sans chercher à « attendre que ça remonte ». Le stop a été placé à un niveau technique précis : s’il est touché, le scénario est invalidé. Une perte limitée à 1% du capital est une bonne nouvelle — c’est la preuve que le système de protection fonctionne. La discipline sur les stops est ce qui permet de survivre long terme.

Faut-il passer ses ordres au cours du marché ou avec des ordres limites ?

Les ordres limites sont préférables dans la grande majorité des cas : vous achetez exactement au prix voulu, sans risque de glissement défavorable (slippage). Les ordres au marché conviennent uniquement pour des actions très liquides où la fourchette bid/ask est très serrée.

Comment gérer une position qui atteint son objectif ?

Deux options : sortir totalement à l’objectif (simple et discipliné) ou alléger la moitié et laisser courir le reste avec un stop dynamique ATR. La première option est recommandée pour débuter — elle évite de transformer un gain en perte par excès d’optimisme. La seconde convient aux investisseurs expérimentés capables de gérer l’incertitude d’un objectif ouvert.

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