Comment ne pas payer d’impôts sur ses plus-values en bourse (légalement)

Il existe en France un paradis fiscal parfaitement légal, accessible à n’importe qui, directement dans votre banque ou chez votre courtier. Pas besoin de société offshore, pas besoin d’avocat fiscaliste, pas besoin de partir aux Îles Caïmans.

Il s’appelle le Plan d’Épargne en Actions (PEA). Et si vous investissez en bourse sans en avoir un, vous payez probablement des impôts que vous n’avez pas à payer.


PEA vs CTO : l'impact de la fiscalité sur 20 ans
Même investissement, même rendement — le PEA génère plus de 10 000 € supplémentaires grâce au report d’imposition.

Le problème : la flat tax à 30 %

Hors enveloppe fiscale, chaque plus-value réalisée est soumise au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % — 12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux.

Concrètement : vous avez investi 10 000 €, votre portefeuille vaut 20 000 €. Vous vendez. Votre gain est de 10 000 €. L’État prend 3 000 €. Il vous reste 17 000 €.

Sur un compte-titres ordinaire (CTO), c’est inévitable. Mais la France a prévu des enveloppes fiscales qui permettent de différer — voire d’éliminer — cet impôt.


Le PEA : zéro impôt sur les plus-values après 5 ans

Le PEA est une enveloppe fiscale qui vous permet d’investir en actions européennes (et en ETF éligibles) en ne payant aucun impôt sur les plus-values — à condition de ne pas retirer avant 5 ans.

Après 5 ans, vous ne payez que les prélèvements sociaux à 17,2 % — et uniquement au moment où vous retirez. Entre les deux, les gains s’accumulent et se réinvestissent en totalité, sans friction fiscale.

Reprenons l’exemple : 10 000 € investis, 20 000 € à la sortie. Dans un PEA ouvert depuis plus de 5 ans, vous ne payez que 17,2 % × 10 000 € = 1 720 €. Vous gardez 18 280 € au lieu de 17 000 €. Et sur 20 ans de capitalisation, l’écart devient considérable.

Les plafonds du PEA

  • PEA classique : plafond de versement à 150 000 € par personne
  • PEA-PME : plafond supplémentaire de 225 000 € (pour investir dans des PME et ETI)
  • Pour un couple : 2 × 150 000 € = 300 000 € en PEA classique, plus 2 × 225 000 € en PEA-PME si vous le souhaitez

La règle d’or : ouvrez votre PEA le plus tôt possible, même avec seulement 100 €. Ce qui compte, c’est la date d’ouverture. Le compteur des 5 ans démarre à ce moment-là, pas au moment où vous versez l’essentiel.


L’assurance-vie : le deuxième paradis fiscal

Si votre PEA est plein ou si vous voulez diversifier au-delà des actions européennes, l’assurance-vie est la deuxième enveloppe incontournable.

Ses avantages fiscaux :

  • Pas d’imposition sur les gains tant que vous ne retirez pas (comme le PEA)
  • Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains retirés, puis taux réduit à 7,5 % (+ prélèvements sociaux) au-delà
  • Transmission : jusqu’à 152 500 € transmis hors succession par bénéficiaire
  • Univers d’investissement plus large : fonds euros, ETF monde, SCPI, fonds obligataires — pas limité aux actions européennes comme le PEA

L’assurance-vie est particulièrement intéressante pour les versements dépassant le plafond PEA, pour la diversification internationale, et pour la préparation de la succession.


La stratégie optimale : l’ordre de priorité

Pour minimiser la fiscalité sur vos investissements, voici l’ordre logique :

  • 1. Ouvrez un PEA maintenant, même avec 100 €. Le compteur 5 ans démarre.
  • 2. Remplissez le PEA en priorité avec vos ETF actions (éligibles PEA : ETF S&P 500 synthétique, ETF monde, ETF Europe).
  • 3. Ouvrez une assurance-vie pour les versements au-delà des 150 000 €, pour les fonds euros (capital garanti) et pour la diversification.
  • 4. Utilisez le CTO uniquement pour ce qui n’entre pas dans les deux premières enveloppes — actions US directes, certains ETF non éligibles PEA, etc.

Les ETF éligibles PEA : ne pas se priver de la bourse mondiale

Un frein souvent cité au PEA : il est limité aux actions européennes. C’est vrai pour les actions en direct. Mais les ETF synthétiques contournent cette limite légalement.

Il existe des ETF éligibles PEA qui répliquent :

  • Le S&P 500 (actions américaines)
  • Le MSCI World (actions mondiales)
  • Le Nasdaq 100
  • Les marchés émergents

Ces ETF sont structurés via des swaps (réplication synthétique), ce qui les rend techniquement éligibles au PEA tout en offrant l’exposition aux marchés mondiaux. Vous pouvez donc construire un portefeuille mondial diversifié entièrement dans votre PEA.


Questions fréquentes

Peut-on avoir plusieurs PEA ?

Non — un seul PEA par personne. Mais un couple peut en avoir deux (un par personne). Et chacun peut également ouvrir un PEA-PME en complément, avec son propre plafond de 225 000 €.

Que se passe-t-il si je retire avant 5 ans ?

Tout retrait avant 5 ans entraîne la clôture du PEA (depuis 2019, les retraits partiels sont possibles après 5 ans sans clôture). Avant 5 ans, les gains sont taxés au taux normal. C’est pourquoi il faut n’investir dans le PEA que de l’argent dont vous n’aurez pas besoin à court terme.

Les dividendes dans le PEA sont-ils taxés ?

Les dividendes reçus dans un PEA restent dans l’enveloppe et ne sont pas taxés immédiatement. Ils sont réinvestis automatiquement. La taxation (uniquement les prélèvements sociaux après 5 ans) n’intervient qu’au moment du retrait de l’enveloppe.

L’assurance-vie est-elle garantie ?

Le fonds euros d’une assurance-vie est garanti en capital (dans la limite de 70 000 € par assureur via le fonds de garantie). Les unités de compte (ETF, SCPI, etc.) ne sont pas garanties — leur valeur fluctue comme tout investissement. Ne confondez pas les deux compartiments.

Peut-on appliquer une stratégie momentum dans un PEA ?

Oui, et c’est même l’idéal. Les ETF éligibles PEA couvrent les principales classes d’actifs nécessaires à une stratégie momentum. Vous bénéficiez ainsi à la fois de l’avantage fiscal du PEA et de la performance potentielle du momentum. C’est exactement comme ça que j’investis.


Pour aller plus loin :


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Commentaires

  1. […] En bourse, on a parfois besoin d’être patient pour gagner. Il ne faut donc pas que vous ayez besoin du capital que vous placez en bourse quelques semaines plus tard. Commencez donc par définir quelle somme vous pouvez placer dont vous n’aurez pas besoin pendant 1 an, 2 ans, 5 ans, 8 ans. Idéalement 8 ans afin d’économiser les impôts sur les plus values. Vous pouvez cliquer ici pour en savoir plus. […]

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